De la PME à l’ETI : capitaliser sur la croissance externe pour changer d’échelle

Actrices majeures de la vie des territoires, les 140 000 PME et 5700 ETI dénombrées dans l’Hexagone forment un tissu entrepreneurial riche et contribuent activement à la bonne santé économique de la France. Ce sont des entreprises innovantes, agiles et qui rayonnent en France et souvent au-delà de nos frontières. Pourtant, si les ETI réalisent de belles performances et que leurs dirigeants se déclarent à la fois confiants et optimistes, le vivier des ETI françaises doit continuer de renforcer sa compétitivité sur le marché mondial.

Quelles sont les clés de croissance des PME ? Quels leviers de développement doivent-elles privilégier pour consolider leurs positions et croître ? Qu’en est-il du financement et de l’accompagnement des opérations de croissance ? Comment l’Etat se saisit-il du dossier ?

Pour gagner en compétitivité sur la scène internationale, la France doit continuer de renforcer l’émergence d’ETI

Clés de la prospérité économique de l’Hexagone de par la richesse et les millions d’emplois qu’elles créent, les PME et ETI implantées aux quatre coins du territoire jouent un rôle prépondérant dans la performance du pays et participent à l’intégration économique de l’ensemble des régions. Souvent fruits d’aventures entrepreneuriales familiales – 70% des PME et 55% des ETI sont des entreprises familiales ou patrimoniales –, ces sociétés témoignent d’expertises variées qui ont bâti leur réputation et contribué au renom des savoir-faire français, notamment dans le secteur industriel qui compte à lui seul 41% de l’effectif salarié des ETI.

Pourtant, en dépit de ses performances et des nombreuses innovations dont il est à l’origine, le cercle des ETI françaises doit continuer de se renforcer pour asseoir la compétitivité du pays à l’échelle mondiale. On le compare souvent au Mittelstand allemand et ses 12 500 ETI, on oublie aussi l’Italie et ses 8000 ETI.

Sécuriser leurs positions, se développer et ainsi voir leur statut évoluer, c’est ce à quoi aspirent bon nombre de PME. Toutefois, afin de rendre réels le gain de compétitivité et la prise de parts de marché, les dirigeants se doivent de choisir les relais de croissance stratégiques sur lesquels capitaliser.

La croissance externe : un vecteur de développement à privilégier

Qu’il s’agisse de PME ou d’ETI, les entreprises françaises à succès ont un point commun : elles ont toutes entrepris des opérations de croissance externe. En effet, à la différence de la croissance interne ou organique, limitée, la croissance externe conduit les PME les plus dynamiques à atteindre rapidement une taille critique leur permettant de devenir des ETI. D’ailleurs, 68% des ETI fortement internationalisées comptent en moyenne 7,1 filiales implantées à l’étranger : l’internationalisation est une stratégie de croissance externe qui porte ses fruits.

Acquisitions, développement de filiales, dépôts de brevets, diversification des compétences humaines… quelle que soit la stratégie adoptée, les vecteurs de croissance externe permettent aux PME de se développer et de faire face aux enjeux auxquels elles sont confrontées, entre autres l’évolution de leur environnement, la maîtrise des coûts ou encore les nouvelles exigences des clients, à l’heure de la production personnalisée et à la demande. Si malgré ces options, le vivier des ETI françaises peine à s’étoffer, c’est en partie à cause du dilemme auquel les nombreuses entreprises familiales font face : entre volonté de croissance et perte de contrôle de l’entreprise, les dirigeants propriétaires se doivent de procéder à un arbitrage.

Donner aux PME les moyens de leurs ambitions

Entreprendre une démarche de croissance externe nécessite de trouver le meilleur financement. Pour l’heure, les PME et ETI privilégient les levées de capitaux propres et l’endettement. Du fonds d’investissement au crowdfunding en passant par l’IPO, les autres possibilités de financement externe sont nombreuses ; d’où l’intérêt pour les PME d’être accompagnées dans leur choix, notamment au regard du cadre réglementaire et fiscal français.

Bien conscient de l’opportunité que représenterait la multiplication des ETI pour la création de valeur et l’emploi, l’Etat a lancé plusieurs initiatives en faveur des PME et ETI, entre évolution des mesures fiscales – justement –, et développement de plateformes d’accélération en région afin de rapprocher ces entreprises des Fablabs et instituts de recherche. L’annonce du Premier Ministre d’un investissement de 500 millions d’euros pour la mise à jour numérique des PME dans le cadre du plan en faveur de la transformation numérique des TPE et PME est également une bonne nouvelle.

Outre ce plan, et depuis plusieurs années déjà, des programmes d’accompagnement pour tout ou partie publics ont été mis en place en partenariat avec les régions, à l’exemple du dispositif national « Accélérateur PME » de la Bpi qui a vu le tiers de sa première promotion obtenir le statut d’ETI. Pas plus tard que le 25 septembre dernier, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a confirmé le lancement d’un nouveau fonds d’investissement nommé NACI, pour la croissance des PME et ETI régionales. Les PME, dont les besoins sont compris entre 3 et 15 millions d’euros, peuvent déjà soumettre leur candidature : un programme de soutien qui, espérons-le, sera aussi concluant que celui de la Bpi.

Découvrir l’étude Mazars « De la PME à l’ETI : la croissance externe comme levier de croissance »

Alain Chavance

Alain Chavance

Associé, Membre du Comité Exécutif de Mazars France